Académie des technologies

Isabelle Leang

  • Ingénieure Deep Learning domaine conduite autonome
  • Valeo
  • 33 ans
  • Parrainée par Guillaume Devauchelle en 2022

Pourquoi la tech ?

En réalité, les études m’ont menée dans le domaine de la tech car petite, j’adorais faire des maths, j’ai donc poursuivi des études en sciences. Pourquoi la tech, tout d’abord parce que c’est amusant d’une part : on expérimente, on analyse, on crée de nouvelles choses ; et d’autre part c’est motivant de développer des technologies qui vont améliorer la vie des gens ! Ensuite, l’Intelligence Artificielle (IA) a connu un tel succès ces dernières années que je n’ai pas pu résister à la vague. Il y a tellement de choses à faire et à explorer dans ce domaine qu’on ne s’ennuie jamais !

Votre parcours ?

Après des classes préparatoires (MPSI-MP*), j’intègre l’ENSEA dont j’obtiens le diplôme en 2012. Contrairement à ce que l’avenir me réservait, je ne suis pas devenue ingénieur électronicien ! Lors de mon stage de 1ère année à l’université de Taïwan, j’ai découvert la Computer Vision, branche de l’IA consistant à analyser et à interpréter des images provenant de caméras. Pendant ma dernière année d’école, je me suis donc spécialisée en Computer Vision. Plusieurs expériences m’ont marquées, notamment mon stage de fin d’études à Thales où j’ai fait de la Computer Vision et quelques mois passés au laboratoire de Machine Learning de l’UPMC (LIP6) où j’ai fait du Deep Learning. J’ai donc poursuivi avec un doctorat en Computer Vision et Machine Learning à l’ONERA et à l’ISIR (UPMC)

Votre première expérience professionnelle dans la tech ?

Mon stage de fin d’études fut ma première expérience professionnelle significative dans la tech, c’est là que j’ai découvert à la fois le monde de l’entreprise et celui de la tech. C’était dans un laboratoire de recherche de Thales où l’on développait des algorithmes de perception basés caméra pour diverses applications. Je développais un algorithme qui devait être embarqué sur un mini-drône : c’était rigolo parce que c’est petit et que ça vole mais ce fut un défi technique ! Outre l’aspect technique, j’ai trouvé enrichissant de voir les différents métiers R&D, les projets en cours, et surtout les ingénieurs qui faisaient ce travail. Cela m’a donné envie de faire pareil.

Que faites-vous aujourd’hui et pourquoi ?

Je travaille chez Valeo dans le département Driving Assistance Research (DAR) en tant qu’ingénieur R&D et experte Valeo en IA. Mon travail consiste à développer des solutions algorithmiques pour des systèmes avancés d’aide à la conduite (ADAS). Valeo est une entreprise française, leader mondial de l’industrie automobile. C’est évidemment une fierté pour moi d’être impliquée dans les innovations technologiques pour créer des systèmes automobiles plus intelligents permettant une conduite plus sûre. J’aime travailler sur des projets concrets qui répondent aux besoins des principaux clients du secteur automobile. La collaboration avec des équipes internationales est une des facettes intéressantes du métier. En effet, les équipes IA de Valeo, qui sont réparties dans plusieurs pays, doivent coordonner leurs forces et savoir-faire pour mener à bien les projets. Finalement, il est très valorisant de voir que les solutions auxquelles j’ai participé sont commercialisées dans des véhicules actuellement en circulation.

Vos atouts pour ce poste ?

La rigueur logique, la curiosité scientifique et la persévérance me sont très utiles pour résoudre des problèmes techniques complexes. Faire preuve de sens critique et de pragmatisme sont essentiels pour faire les bons choix techniques et livrer les projets en temps et en heure. Enfin, l’adaptabilité, l’ouverture d’esprit et l’écoute sont des qualités nécessaires pour évoluer dans un environnement international au sein d’équipes multi-culturelles.

Vos défis passés, vos ratés, vos grands moments de solitude ?

Durant mon parcours, les femmes ont très souvent été sous-représentées et cela n’a pas toujours été évident à vivre, à l’exception du DAR où il y a une plus grande mixité. La prise de parole en public est toujours un défi pour moi mais avec de la pratique et de l’expérience, ça devient plus facile, comme le dit le proverbe “c’est en forgeant que l’on devient forgeron”.

Vos meilleurs moments, les succès dont vous êtes fière ?

Je suis fière d’avoir contribué à l’un des plus grands projets IA de Valeo, aujourd’hui intégré dans des systèmes en production. J’ai également eu la possibilité de rédiger des brevets, de participer à des publications et de présenter mes travaux lors de conférences scientifiques. Cela m’a permis d’être reconnue en tant qu’experte Valeo dans mon domaine en 2020. Actuellement, je participe au développement de nouvelles générations d’algorithmes toujours plus innovants pour l’ADAS en collaboration avec des équipes en Irlande, Allemagne, République tchèque, Égypte, Inde et États-Unis.

Des personnes qui vous ont aidée/marquée ou au contraire rendu la vie difficile ?

Venant d’une famille d’immigrés, d’avoir pu bénéficier du système éducatif français a été une chance, cela m’a donné les moyens de m’en sortir dans la vie. Il y a et aura toujours des obstacles à franchir dans la vie, mais à chaque étape de mon parcours d’étudiante ou professionnel, j’ai rencontré des personnes bienveillantes qui m’ont formée, aidée et cru en moi, et c’est grâce à cela que je peux faire le métier d’aujourd’hui.

Vos envies et défis à venir ?

Je voudrais continuer à apprendre de nouvelles choses, à développer mon expertise technique pour pouvoir continuer à m’amuser dans ce que je fais ! Dans mon domaine où la recherche va très vite, le défi c’est de rester dans la course, c’est de se remettre en question et de changer de cap si nécessaire. De plus grands défis m’attendent dans les projets à venir chez Valeo, et dans ma nouvelle fonction de leader technique, mon rôle sera de conseiller et de choisir les bonnes stratégies techniques.

Et que faites-vous en dehors de votre travail ?

Mes activités en dehors du travail : passer du temps avec mes proches, le sport, la lecture, mon groupe d’études bibliques ; et étant gourmande, la cuisine et la pâtisserie.

Vos héroïnes (héros) de fiction, ou dans l’histoire ?

Quand j’étais petite, je regardais beaucoup la télé. Une de mes séries préférées était la série de science-fiction “Stargate” (datant de 1998) où l’une des protagonistes est une femme scientifique aventurière (Samantha Carter), capitaine et physicienne, partant à la découverte d’autres planètes et de peuples extraterrestres avec son équipe à travers la porte des étoiles.

Votre devise favorite ?

Étant chrétienne, ma devise est tirée de la Bible : « L’Eternel, le Seigneur, c’est lui ma force » (Habacuc 3.19). Elle me rappelle vers qui me tourner lorsque je fais face à des difficultés personnelles ou professionnelles. En effet, il m’a donné tout ce que j’ai, il est le soutien de ma vie.

Un livre à emporter sur une île déserte ?

La Bible pour ses innombrables richesses : ses enseignements, ses vérités et ses promesses, de là découlent l’espérance et la foi. Méditer la Parole est essentiel pour moi qui suis chrétienne, c’est connaître Dieu personnellement, selon ce qui est écrit : “Le commencement de la sagesse, c’est la crainte de l’Eternel. La connaissance du Dieu saint, voilà en quoi consiste l’intelligence.”(Proverbes 9.10)

Un message ou un conseil aux jeunes femmes ?

Osez l’aventure car vous en avez les capacités, n’ayez pas peur de la nouveauté, ne vous censurez pas. Vous pouvez vraiment vous éclater dans la tech !

LE QUESTIONNAIRE
DU CHATELET

Le questionnaire auquel répondent les Femmes de tech est une variante du questionnaire de Proust, ainsi nommé non pas parce que Marcel Proust se serait égaré dans le métro parisien, mais en mémoire d’Emilie du Chatelet, femme de lettres, mathématicienne et physicienne, renommée pour sa traduction des Principia Mathematica de Newton et la diffusion de l’œuvre physique de Leibniz. Elle fût membre de l’Académie des sciences de l’Institut de Bologne. Emilie du Chatelet mena au siècle des Lumières une vie libre et accomplie et publia un discours sur le bonheur.

Emilie Du Chatelet

Femme de lettre, mathématicienne, physicienne

1706 - 1749